Du temps pour la renaissance et la reconnaissance

C'est quand la quiétude
L'histoire nous le dira
 
L'histoire nous le dira

Depuis l'été 2008, la crise sévit en France et dans pas mal d'autres endroits, paradoxalement, c'est depuis cette époque qu'un certain nombre de réalisations ambitieuses ont vu le jour et pas seulement pour une entreprise comme Via-Mg Productions. En fait cette époque est traversée de multiples faux-semblants, et de multiples paradoxes, il en a peut être été toujours de même, mais il me semble qu'une nouvelle fois, nous sommes à la croisée des chemins. Certains s'échinent comme jamais pour sortir leur épingle du jeu et éviter le hachoir de la crise et d'autres courent très vite pour enjamber le précipice qui sépare nos mondes déjà anciens d'un autre futur. C'est de ces efforts que naissent les réalisations ambitieuses évoquées plus haut, personne ne souhaite être rattraper, happer par les conséquences d'une faillite. Entre les deux, la plupart des gens continuent comme avant, avec un peu moins de moyens, d'espoirs et d'entrain. C'est sûrement cela la crise, ces couleurs qui passent, le monochrome gris qui semble s'installer comme un jour de pluie en automne avec aucun espoir de revoir le printemps.

Je n'ai aucune idée sur l'avenir de notre société, est-ce une crise qui marque le début d'une mutation ou plutôt d'une mue nécessaire ou bien le début d'un bordel sans nom, comme l'arrivée de la peste noire et de la guerre de cent ans au premier tiers du quatorzième siècle en France lorsque le Moyen-Age devait accoucher dans la douleur de l'Epoque Moderne.

Et bien le paradoxe, en est-ce bien un, c'est que c'est la même chose, c'est à la fois une mue nécessaire et dans le même temps un immense bordel. Ainsi la catastrophe de la fin du Moyen-Age européen a débouché sur la Renaissance et dans le même temps le début de la fin, pour bon nombre de peuples américains, africains et asiatiques. Entre temps ; 30% de la population d'Europe de l'ouest avait disparu, tuée par la maladie, la famine et les guerres
.

Et aujourd'hui, il semble que le temps de la revanche soit arrivé pour les pays émergents.

Autre paradoxe, la Renaissance a révolutionné les systèmes économiques, les technologies, les routes commerciales, la production artistique et la vision du monde ; aujourd'hui il faut reconnaître que rien de semblable ne se produit, juste une accélération des échanges, une diminution du temps, le tout basé sur les performances d'un outil, d'un seul : l'ordinateur.

Mais de révolutions, aucunes, en lieu et place, un immense conservatisme pour garder ou singer les modes de vie nés de la révolution industrielle.

A la veille de la révolution française, ce même conservatisme pouvait s'observer chez les classes dirigeantes mais néanmoins déclinantes et chez les pauvres: noblesse, artisanat et manouvriers, même combat.

Mais et ce mais a toute son importance, un certain nombre de personnes ne trouvaient plus leur compte dans ce système et lorsque, à bout de souffle, il a fini par mécontenter tout le monde, il s'est écroulé en réunissant les contraires. Les fameux sans-culottes étaient formés pour l'essentiel des maîtres et compagnons qui voyaient le système des corporations s'écrouler. Ils en voulaient tellement à la monarchie, qu'ils sont devenus les plus farouches partisans de la terreur.
 

Et aujourd'hui, et bien c'est pareil, en pire ou mieux, c'est selon, c'est l'alliance de tous les conservatismes pour faire perdurer une entreprise à bout de souffle, les européens en perte de vitesse s'accrochent comme des morts la faim, ils ne peuvent déroger, comme leur frères nobles du dix huitième siècle , et les autres veulent rattraper le temps perdue, vivre en mieux et plus fort, le confort de nos sociétés, ce sont les nouveaux bourgeois.

Mais là encore, paradoxe, la bourgeoisie européenne et plus tard américaine étaient porteuse d'un autre projet de société que la société d'ordres d'ancien régime (le fameux et célèbre capitalisme) alors que la nouvelle bourgeoisie n'est porteuse d'aucunes nouvelles idées, pas de philosophes des lumières en vu. Il est temps pour eux de manger une part, que dis-je, La part du gâteau. Ils reprennent la devise fascisante du célèbre Pierre de Coubertin : « citius, altius, fortius »

J'ai bien peur que cela marche, que nous allions plus vite, plus haut et plus fort dans le mur mais comme le pire n'est jamais sûr, il se peut que de tout cela sorte un monde plus cohérent et harmonieux.

Joël Gorin